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:: Fan Fiction Nerwenn : chapitre 2 ::

 
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Nerwenn


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MessagePosté le: Sam 10 Aoû - 11:24 (2013)    Sujet du message: Fan Fiction Nerwenn : chapitre 2 Répondre en citant



C'était une nuit sans étoiles comme il y en avait peu dans la région. Les nuages masquaient les astres, sombres et menaçants. Il faisait chaud malgré la tombée du jour, l'air était lourd et avait une légère odeur de souffre : l'orage allait bientôt frapper, mais les cumulonimbus ne délivreraient aucune gouttes d'eau ce soir. Le sol demeurerait sec encore un moment.
Elle se tourna vers l'horizon et l'observa attentivement : de ce temps, il était dangereux de se promener seul dans le désert : les pokemon étaient énervés par cette météo et attaquaient plus facilement, provoquant plus de dommages et de coups critiques. Malgré les avertissements, certains dresseurs trop téméraires s'aventuraient dans le désert, et repartaient aussi rapidement qu'ils étaient venus vers le centre pokemon le plus proche, souvent en vain.
Elle s'apprêtait à se mettre à l'abri quand elle aperçut une ombre bouger au loin ; si elle se référait à la taille et à la largeur de la silhouette... Elle poussa un juron : encore un imbécile qui n'avait pas lu le panneau d'avertissement, pensant qu'il était bien assez fort pour s'en sortir ! Elle vérifia le nombre de pokéball accrochées à sa ceinture et se mit en route, en sachant parfaitement que cet acte était imprudent : elle aussi risquait une embuscade, mais elle devait faire le nécessaire pour cette personne. La chaleur la faisait transpirer et le sable l'empêchait de progresser à un bon rythme ; elle parvint cependant à s'approcher de la silhouette et put identifier un jeune homme. Finalement, elle fut assez près pour voir à quoi il ressemblait.
Malgré son habillage un peu particulier, elle devait reconnaître qu'il avait du charme. Il avait un visage fin et anguleux caché en grande partie par une multitude de mèches blondes rebelles. On pouvait distinguer à travers elles deux prunelles d'un vert puissant et limpide à la fois qui la fixaient avec étonnement. Il ne semblait pas avoir moins de dix-sept ans et paraissait assez mince, mais ses larges vêtements l'empêchaient de confirmer ce dernier point.
-Vous n'avez pas lu le panneau ? s'écria t-elle d'une voix sévère. Par temps orageux, il est interdit de traverser ce désert, c'est trop dangereux !
-Je sais, mais...
-Pas de « mais » qui tienne, faites demi-tour !
-Je me suis perdu !
Elle resta interloquée l'espace d'un instant, se demandant si elle devait rire ou être désespérée de se trouver devant un cas pareil. Elle préféra opter pour un bref sourire, et soupira à à l'idée de devoir jouer les anges gardiens.
-Venez, vous allez vous abritez en attendant que l'orage passe. Je vous aiderais à retrouver votre chemin plus tard.
Le jeune homme la suivit en silence durant la centaine de mètres qui les séparaient de sa cabane.
-Entrez, lui dit-elle une fois arrivés.
Elle se dirigea vers son petit réchaud qui se trouvait dans un coin et prépara du café noir tandis que l'adolescent observait les lieux. L'endroit était assez petit, seulement muni d'une couche, d'une table et d'un banc, sans oublier le réchaud qui était sa seule source de chaleur : elle habitait certes en plein désert enflammé par le soleil le jour, mais les nuits étaient froides, parfois glaciales. Son logement était primitif, cependant cela lui suffisait amplement pour vivre. L'odeur pleine de caractère du café emplit la pièce en quelques minutes et elle remplit deux tasses du liquide noir. Elle tendit l'une d'elles au jeune homme.
-Tenez. Comment vous appelez-vous ?
- Lómion. Et tutoyez-moi, le vouvoiement me gêne.
Elle sourit et but une gorgée de café.
-Moi c'est Abigaëlle, mais appelle-moi Abi. Et tutoie-moi aussi, je suis encore trop jeune pour qu'on me dise « vous ».
Ils restèrent silencieux un instant. Au loin retentissaient les grondements de l'orage qui se déchaînait sur Volucité et se rapprochait rapidement de leur position. Au vu des nuages qui planaient au-dessus d'eux, il était probable que même la foudre frappe ; il était donc impératif qu'ils restent ici.
-Excuse-moi...
Abi reporta son attention sur Lómion, qui tenait dans sa main une sphère de la taille d'une balle de base-ball. Elle était d'un rouge vif sur la moitié supérieure et d'un blanc éclatant sur la moitié inférieure.
-Je peux laisser sortir mon pokemon ? C'est la première fois que je l'enferme dans une pokéball et j'ai peur qu'il ne le supporte pas.
Pour une raison qui lui échappait, il semblait gêné de faire cette demande. Elle acquiesça, curieuse de voir à quoi ressemblait son compagnon de route. Elle l'imaginait bien avec un pokemon psy : il semblait beaucoup réfléchir et avoir la tête dans les nuages. Les personnes avec de l'imagination étaient souvent attirées par ce genre de pokemon.
Le centre de la pokéball émit un fin rayon lumineux rouge, enveloppant la silhouette d'un Evoli. Une fois totalement matérialisé, le pokemon s'ébroua vigoureusement et bondit joyeusement vers son maître.
-Curieux, commenta Abi.
-Quoi donc ?
-Je t'imaginais plus avec un Abra.
Lómion parut étonné et lui demanda pourquoi.
-Eh bien, tu sembles être quelqu'un de rêveur, et les pokemon de type psy attirent généralement des gens comme toi.
Le jeune homme sourit et but une gorgée de café. Une vive lumière envahit soudain la pièce et disparut aussitôt. Un grondement retentit quelques secondes après, faisant brutalement sursauter l'adolescent qui avala son café de travers.
-Ça va tonner fort ce soir, murmura Abi tandis que Lómion tentait difficilement de reprendre sa respiration.
Elle se perdit quelques minutes dans la contemplation du ciel déchiré par les éclairs et espéra qu'aucun autre voyageur n'avait tenté comme Lómion de traverser le désert. Si c'était le cas, il était très peu probable qu'il s'en sorte totalement indemne.
-Tu as faim ? demanda t-elle au jeune homme. Il me reste un peu de pain et des champignons ; c'est un peu frugal, je sais, mais je n'ai pas eu le temps de refaire le plein de provisions.
Abi jeta un coup d’œil à Evoli et se demanda si il ne lui restait pas aussi des baies quelque part. Elle fouilla dans un des placards et trouva une boîte de champignons ainsi qu'une poignée de baies. Elle donna ces dernières à Evoli qui les engloutit, et ouvrit la boite de conserve ; elle versa son contenu dans deux bols et les posa ensuite sur la table avec une miche de pain.
-Je ne fais pas cuire les champignons, ceux-ci ont un goût immonde quand ils sont chauds, expliqua t-elle. Sers-toi pour le pain et bon appétit.
-Merci.
Ils mangèrent dans un silence religieux. Cela ne dérangeait pas Abi qui était habituée à la solitude, mais Lómion discutait peut-être durant les repas ; il restait certainement silencieux par pure politesse. Elle décida donc de faire un effort en engageant la conversation :
-Alors, tu viens d'où comme ça ?
-Volucité. Je suis parti il y a trois jours.
-Et tu t'es lancé dans l'aventure avec seulement une pokéball à la ceinture ?
Lómion s'empourpra.
-En fait, j'avais un sac à dos, mais on me l'a volé alors que je dormais.
-Et tu n'as rien entendu ?
-Eh bien... Non.
Abi ne put s'empêcher de rire, imitée par Evoli qui poussait de grands cris joyeux.
-Comment as-tu réussi à capturer ce pokemon en étant aussi tête en l'air ? Ça relève du miracle !
***** 

Lómion ne répondit pas immédiatement, plongé dans ses souvenirs. Il affichait un grand sourire, comme si sa rencontre avec Evoli avait quelque chose de comique ; cela attisa la curiosité d'Abi.
-En fait, je suis originaire de la région de Sinnoh. Je vivais à Verchamps et j'habitais dans une maison près des bois avec mes parents. Mon père avait hérité du gène de commerçant de mon grand-père et avait ouvert une boutique pokemon avec ma mère. Je n'aimais pas travailler là-bas alors j'allais souvent dans les bois pour me cacher.
« Je me souviens bien du jour où Evoli et moi nous sommes rencontrés : il pleuvait et je m'étais réfugié dans les bois une fois de plus. J'entendais des gémissements et c'est en cherchant l'origine des plaintes que je le trouvai derrière un arbre, salement égratigné. Je l'emmenai alors chez moi, sans que mes parents ne s'en aperçoivent, et le soignai en piquant quelques produits dans leur pharmacie. Evoli se remettait rapidement de ses blessures et allait bientôt pouvoir retrouver sa liberté. Mais il n'a jamais voulu partir et est resté avec moi tout ce temps. Nous sommes devenus très proches : je ne le vois pas comme un animal de compagnie, mais comme un ami à part entière, et je pense que c'est la même chose pour lui.
Abi souriait : cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas entendu de tels mots. La plupart des dresseurs qu'elle avait rencontré traitaient leurs pokemons comme des esclaves, leur faisant faire concours sur concours, compétitions sur compétitions, et ce, afin de récolter le plus de récompenses possibles et terminer dans les journaux locaux. Les dresseurs voyant les pokemon comme leur égal étaient devenus rares, bien trop rares. Décidément, ce petit gars montait en flèche dans son estime. Cependant, un point dans son histoire la chiffonnait.
-Mais pourquoi avoir caché Evoli à tes parents ? Ils tenaient une boutique pokemon, je ne vois pas pour quelles raisons ils auraient pu refuser que tu le soignes.
La mine de Lómion s'assombrit et Abi regretta sa question.
-En fait, mes parents n'appréciaient pas particulièrement les pokemon : en voir un de temps en temps ne les dérangeaient pas, mais s'il s'agissait d'en accueillir un chez nous, là, ça devenait plus problématique.
-Je ne comprends pas...
-Pour faire plus simple, les pokemon les dégoûtaient.
Ces mots claquèrent comme un fouet dans l'air. Abi resta interdite, se demandant comment on pouvait être écœuré des pokemon : certes, certains n'étaient pas très esthétiques, mais d'autres étaient tellement beaux qu'on ne pouvait qu'être attiré par eux.
-Dans ce cas, pourquoi avoir choisi de tenir une boutique pokemon ? C'est stupide !
Lómion eut un petit sourire et haussa les épaules :
-Je suppose que c'est le genre de commerce qui marche le mieux de nos jours.
-C'est triste.
Le silence s'installa de nouveau, perturbé par les bruits de mastication. Abi n'osa pas lui demandé ce qui s'était passé quand ses parents avaient découvert l'existence d'Evoli – car ils l'avaient certainement découvert. Elle espérait seulement que le pokemon n'avait pas été maltraité.
-Et toi ?
-Pardon ? demanda Abi qui n'avait pas entendu Lómion lui poser la question.
-Pourquoi tu vis seule ici ?
La jeune fille réfléchit un instant à une explication plausible, lui donner les vraies raisons lui étant impossible.
-J'avais envie de liberté, fuir mes parents... Ce genre de chose.
Lómion la dévisagea avec ses intenses yeux verts, ce qui lui donna la désagréable sensation d'être scannée.
-Tu as quel âge ? demanda t-il en reprenant une cuillerée de champignons.
-Seize ans.
Leur discution sombra de nouveau dans le silence, coupé par un coup de tonnerre particulièrement retentissant. L'orage s'était installé au-dessus du désert en semblait ne plus vouloir s'éloigner.
Le repas terminé, Abi débarrassa la table et offrit son lit à Lómion. Gêné, il tenta de refuser poliment son offre mais l'adolescente insista et il n'eut pas le choix d'accepter.
-De toute manière, je ne dormirais pas avec ce temps, conclut-elle. Je dois veiller à ce qu'aucun pokemon ne vienne nous attaquer cette nuit, et ce n'est pas en ronflant que je serais efficace.
*****


Lómion fut réveillé par les intenses rayons du soleil qui filtraient au travers des rideaux et lui chatouillaient le nez. Il bâilla et s'étira longuement, restant allongé dans son lit pour flemmarder encore un peu. Son lit.... Son lit....
-Mince !
Se souvenant soudainement de l'endroit où il se trouvait, il se leva brusquement, enfila la chemise verte qu'il avait dû enlever dans son sommeil et regarda autour de lui. Il n'y avait aucune trace d'Abi, mais de gros sacs chargés à bloc étaient posés sur la table. Depuis combien de temps était-elle réveillée ? Et jusqu'à quelle heure avait-il dormi ?
Il remarqua qu'Evoli avait aussi disparu mais ne s'en inquiéta pas : il était certainement avec la jeune fille. Il tenta d'arranger sa chevelure blonde en vain : il sentait les nombreux épis qui persistaient sous ses doigts.
-Encore un effort mon grand ! Tu y es presque !
Lómion se figea un instant en entendant la voix d'Abi, suivit de bruits d'explosion. Il se précipita vers la porte d'entrée qu'il ouvrit à la volée, inquiet à l'idée qu'on les attaque, et ce qu'il vit alors le laissa sans voix.
Une nuée d'étoiles se précipitait vers un énorme rocher et le détruisit sans mal, laissant derrière elle une magnifique poussière dorée scintillant de mille feux sous le soleil ardent. L'auteur de cette attaque n'était autre qu'un pokemon, tout aussi beau que l'offensive qu'il avait lancée. Lómion le reconnut : c'était un Aquali. Son corps tout entier était recouvert d'écailles bleues et luisantes. Il avait de grands yeux noirs et brillants, et de chaque côtés de sa tête se dressaient deux immenses oreilles constituées d'une fine membrane bleue soutenant les branchies tombantes. Une troisième membrane plus rigide s'élevait sur sa tête, se terminant elle aussi en une branchie. Son cou était entouré d'une jolie collerette blanche, lui donnant ainsi un air noble. Son dos était parcourut d'écailles d'un bleu plus foncé jusqu'à la queue qui lui servait de nageoire caudale. En tout, le pokemon aquatique ne devait pas mesurer plus d'un mètre de long ; fasciné, Lómion ne le quittait pas des yeux.
-Ah, tu es réveillé.
Abi lui souriait et essuya la sueur qui perlait sur son front. En plein soleil, sa peau paraissait translucide et ses longs cheveux noirs brillaient d'un éclat sinistre mais magnifique. Elle portait un short kaki et un débardeur blanc ; sa tenue laissait apparaître ses fines jambes et ses bras menus rougis par le soleil. Elle regardait attentivement son pokemon avec ses yeux bleus myosotis. Finalement, elle rappela son pokemon qui trottina gracieusement vers elle. La jeune fille tendit sa pokéball qui avala la magnifique créature dans un rayon rouge.
-Ne vous arrêtez pas pour moi, dit Lómion gêné.
-Non, nous avions terminé l'entraînement. Aquali ne dépasse par trente minutes d'exercice par jour : de ce temps ça pourrait être dangereux pour son organisme.
Elle accrocha la pokéball à sa ceinture et surprit le regard déçu de Lómion.
-Je vois, dit-elle avec un rire. Tu voulais voir comment on entraîne un pokemon, c'est ça ?
L'adolescent eut un fin sourire, qui dégoulina sur son visage lorsqu'Abi lui proposa d'un ton enjoué :
-Montre-moi comment tu fais, et je te montrerais ma méthode ! Nous pourrons nous dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas et améliorer notre entraînement !
Lómion regarda Evoli, qui semblait aussi perdu que lui. Jamais son pokemon ne s'était exercé ! Que devait-il faire ?
-Ne me dis pas que tu es parti à l'aventure sans pokemon capable de te défendre !
-Eh bien....
-Tu es idiot de nature ou tu as pris des cours ?! Tu risque de faire attaquer à n'importe quel moment et tu n'as aucun moyen de répliquer !
Abi se frappa le front du plat de la main, levant les yeux au ciel.
-Non mais vraiment... !
Elle tripota sa ceinture et y décrocha une seconde pokéball.
-Je vais invoquer un pokemon du même type que ton Evoli et te montrer comment on procède.
La pokéball recracha un pokémon caoutchouteux, difforme et entièrement violet.
-Metamorph, copie-le, ordonna Abi en pointant Evoli du doigt.
Le pokemon s’exécuta et Lómion resta bouche bée : trait pour trait, il avait devant lui une copie parfaite d'Evoli, même si elle était violacée. Cependant, la couleur fut vite remplacée par une pelage brun et blond, soyeux et brillant. Même ses mimiques étaient semblables à celles de son compagnon.
-Sais-tu quelles offensives ton pokémon a déjà apprises ?
-Non.
-D'accord, soupira l'adolescente. Bon, si Evoli n'a jamais été entraîné, je suppose que ses attaques de bases sont charge et rugissement. Demande lui d'effectuer une des deux techniques.


*****


Abi regarda Lómion ordonner à Evoli d’exécuter rugissement : sa voix était mal assurée comme si il avait demandé à son pokemon d'aller lui décrocher la lune. De bonne grâce, son compagnon lui obéit après une brève hésitation et rugit timidement. Abi retint un soupir : si Lómion s'était retrouvé face à un pokemon comme Dracaufeu, il aurait été rejoindre les étoiles d'un coup de queue dans l'estomac.
-Ta voix doit être beaucoup plus ferme. Soit sûr de toi, c'est une attaque basique que tu lui demande, rien de bien compliqué. Regarde.
Elle se tourna vers Métamorph, le fixa droit dans les yeux et ordonna d'une voix assurée :
-Métamorph, attaque charge !
Le clone d'Evoli obéit et détruisit sans hésitation une petite pierre. Suite à cet acte, il revint fièrement vers sa maîtresse qui lui caressa la tête.
-Bravo, c'était parfait, le félicita t-elle.
Abi se redressa et fixa Lómion.
-C'est comme ça que tu dois procéder. Vas-y, essaie !
Le jeune homme recommença. Cette fois-ci, sa voix ne trembla pas ce qui était une amélioration ; cela se ressentit au travers du rugissement d'Evoli qui fut plus ferme et assuré ; cependant, c'était encore loin d'être parfait.
Tout au long de la matinée brûlante, Abi conseilla Lómion et son pokemon, prenant son mal en patience devant la maladresse du jeune homme face aux ordres qu'il donnait à son compagnon. Mais peu après une heure de l'après-midi, à en juger par la position du soleil dans le ciel, Abi décida qu'il était temps de se reposer.
-C'est mauvais pour nous et pour Evoli de travailler aussi dur, justifia t-elle.
Elle rappela Metamorph et s'étira.
-On recommencera demain. Je ne peux pas te relâcher dans la nature sans un moyen de te défendre ; si il devait t'arriver quelque chose, j'en serais tenue pour responsable.
-Et combien de temps vais-je devoir rester ?
Le jeune homme semblait déconfit devant cette nouvelle. Abi réfléchit un court instant : Evoli avait un faible niveau, mais il apprenait vite. Elle devait faire en sorte que son compagnon soit assez fort pour rivaliser avec un Pikachu ayant un niveau d'entraînement plutôt correct ; de plus, il fallait qu'elle apprenne à Lómion à capturer correctement un pokemon, car si Evoli venait à être mis K-O, son maître se retrouverait dans une posture délicate. Elle voulait être positive et le rassurer, mais elle ne pouvait pas faire de miracle.
-Je dirais trois semaines environ. Peut-être plus.
-Hors de question.
Abi regarda Lómion, étonnée. Lui qui s'était montré si poli jusqu'à présent refusait catégoriquement et sans ménagement sa proposition.
-Comment ça, « hors de question » ? Je ne te laisserais pas repartir jusqu'à ce que tu aies atteint un niveau correct !
-Je ne peux pas rester autant de temps ! Trois jours passent encore, mais trois semaines, c'est beaucoup trop !
-Trois jours ? Mais mon pauvre, que veux-tu que je t'apprenne en trois jours ? s’écria Abi qui commençait à s'énerver. Tu dois apprendre toutes les bases des techniques de combat et de défense, et ce, en version simplifiée : je ne pourrais jamais faire ça en trois malheureux jours !
-On s'entraînera matin et soir, décréta Lómion. Mais je ne resterais pas trois semaines.
-Idiot ! Tu vas épuiser ton pokemon à la tâche, de cette chaleur, ça pourrait même le tuer !
-Dans ce cas, propose-moi une solution qui me fasse rester ici moins d'une semaine.
Abi se tut et inspira profondément pour ne pas perdre son calme. Cet imbécile n'avait aucune conscience de ses mots !
-Très bien, j'y réfléchirais, dit-elle de mauvaise grâce. Mais ne t'avise pas de partir avant l'heure, ou tu auras à faire à moi.
Ce soir là, Abi resta étendue dans le sable à regarder les étoiles, ruminant sa querelle avec Lómion. Le ciel sombre était dégagé, laissant la lune briller et illuminer le désert d'une lumière douce et apaisante. Elle poussa un long soupir : comment allait-elle trouver ce miracle pour que Lómion puisse acquérir les bases en moins d'une semaine ? C'était tout bonnement impossible, même pour un dresseur qui se révélait être doué ! Et il était inconcevable qu'elle le laisse partir sans avoir appris le strict nécessaire.
-Moi et ma manie de...
Elle s'interrompit brusquement et se redressa, les yeux grands ouverts. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Quelle idiote elle faisait ! C'était pourtant l'occasion idéale, l'excuse parfaite ! Abi se releva et se précipita vers la cabane, heureuse de sa trouvaille.


*****


-Lómion !
La porte de la maison de bois s'ouvrit à la volée, laissant entrer une Abi surexcitée. Un immense sourire sur le visage, elle s'approcha et l'attrapa par les épaules. Le jeune homme resta immobile, inquiet du comportement de l'adolescente.
-J'ai trouvé la solution !
-Quoi, déjà ?
Abi s'écarta et posa fièrement les mains sur les hanches.
-Je viens avec toi !
Lómion ne répondit rien, se contentant de fixer la jeune fille. Voilà une chose qu'il n'avait pas prévue... Il ne pouvait pas accepter sa proposition, même si cela pouvait lui permettre de reprendre son voyage au plus vite. Seulement, il ne savait pas comment le lui dire : il ne voulait pas la vexer, surtout qu'elle l'avait recueilli et nourri pendant deux jours.
-Nous pouvons partir dans trois jours, comme tu l'avais prévu, expliqua Abi. On n'aura même pas besoin de passer par Volucité pour acheter des provisions vu que j'ai tout ce qu'il me faut ici. On préparera donc seulement nos affaires et hop ! À nous l'aventure ! Alors, que penses-tu de ma solution miracle ?
Lómion sourit faiblement.
-C'est une bonne idée...
-Mais ?
Le jeune homme détourna les yeux.
-Mais je ne souhaite pas que tu viennes.
La bonne humeur d'Abi retomba d'un coup. Même si elle ne lui disait rien, Lómion le sentait.
-Pourquoi ?
-J'ai quelque chose d'important à faire, mais je ne peux en parler à personne, ni être accompagné. Je suis désolé, tu es sympathique, mais je ne peux pas accepter ta proposition.
La jeune fille s'était assise sur une chaise et le regardait, les bras croisés. Son regard était dur, ce qui rappela à Lómion les yeux que lui faisait son grand-père quand il avait commis une erreur.
-Très bien. Je comprends. Cependant, je ne te laisserais pas quitter cet endroit jusqu'à ce que tu aies assimilées toutes les bases du combat pokemon ; ce serait irresponsable de ma part, et je ne veux pas avoir ta mort sur la conscience.
-Je partirais à la fin de la semaine.
-Tu partiras quand je l'aurais décidé, dit fermement Abi. Soit tu reste pour ton apprentissage accéléré, soit je viens avec toi. Fais un choix.
Lómion se sentit agacé. Elle n'avait que seize ans mais son âge ne l'empêchait pas d'avoir de l'autorité et un caractère bien trempé. Il savait qu'il ne la ferait pas changer d'avis.
-D'accord, capitula t-il. Je reste.
Abi se leva, et sans ajouter un mot de plus, sortit à nouveau dehors observer le ciel étoilé. Il resta debout, silencieux, observant la porte de bois se fermant doucement dans un grincement sinistre. Evoli sauta sur la table et colla sa tête contre le carreau ; sa respiration créait une buée grandissante sur la vitre.
-Je ne pouvais pas accepter, murmura Lómion. Elle ne savait pas vers quoi elle allait réellement.
Evoli poussa un grognement moqueur : son maître était le moins expérimenté et il voulait jouer au chevalier !
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MessagePosté le: Sam 10 Aoû - 11:24 (2013)    Sujet du message: Publicité

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